Paris nuit de neige bercé de murmures blancs de Georges Rodenbach

Paris nuit de neige - La douce neige berce Paris de murmures blancs
Paris - La douce neige berce Paris de murmures blancs
Paris - La douce neige berce Paris de murmures blancs : photo d'un banc public, illustrée par une poésie de Georges Rodenbach...

Paris nuit de neige bercé de murmures blancs de Georges Rodenbach

Paris nuit de neige bercé de murmures blancs de Georges Rodenbach : pour illustrer cette photo d’un banc public sous la neige situé à coté de la Place de la Nation (Paris), je vous propose cette courte et très jolie poésie de Georges Rodenbach :

Ô neige, toi la douce endormeuse des bruits

Ô neige, toi la douce endormeuse des bruits
Si douce, toi la soeur pensive du silence,
Ô toi l’immaculée en manteau d’indolence
Qui gardes ta pâleur même à travers les nuits,
Douce ! Tu les éteins et tu les atténues
Les tumultes épars, les contours, les rumeurs ;
Ô neige vacillante, on dirait que tu meurs
Loin, tout au loin, dans le vague des avenues !
Et tu meurs d’une mort comme nous l’invoquons,
Une mort blanche et lente et pieuse et sereine,
Une mort pardonnée et dont le calme égrène
Un chapelet de ouate, un rosaire en flocons.
Et c’est la fin : le ciel sous de funèbres toiles
Est trépassé ; voici qu’il croule en flocons lents,
Le ciel croule ; mon coeur se remplit d’astres blancs
Et mon coeur est un grand cimetière d’étoiles !

Georges RODENBACH

Source : Poésie française

[label]Le saviez-vous ?

Georges Rodenbach (16 juillet 1855 – 25 décembre 1898) est un poète symboliste, romancier et dramaturge belge.
Il est l’un des membres les plus originaux d’un mouvement symboliste qui a su garder son autonomie par rapport à l’école française.
Venu à Paris en 1876, il reste cependant le poète de Bruges où il est né. Dans les recueils de vers Jeunesse blanche (1886), Le Règne du silence (1891), Les Voies encloses (1896) apparaît la nostalgie de sa province.
Correspondant du Journal de Bruxelles, il s’installe définitivement à Paris en 1888, où son roman Bruges-la-Morte (1892), publié sous forme de feuilleton dans les colonnes du Figaro du 4 au 14 février et en volume en juin, chez Flammarion, chef-d’œuvre du symbolisme, remporte un très grand succès. Cet ouvrage, dont le personnage central est la ville de Bruges elle-même, contribue grandement à la renommée de la cité flamande.
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