Tombeaux Saadiens où le soleil fait danser la terre
Tombeaux Saadiens – Marrakech : photographie de la salle des douze colonnes, le plus prestigieux mausolée des Tombeaux Saâdiens.
Le soleil fait danser la terre
le soleil fait danser la terre
les étoiles s’éteignent entre chair et cieltrois vieilles femmes mâchonnent
des pierres en surveillant le siècleles morts meurent une heure avant l’aube
et tombent dans un trou de lumièreil est encore une fois midi
dans le battement des coeursnotre amour grandit sans objet
fort de promesses non tenues
il photographie son propre regard à l’infinidans nos rêves les morts sont toujours jeunes
ils répètent leurs paroles de vivants
alors qu’ils n’ont plus de bouche pour parlernotre amour ne sait à quoi il ressemble
lui non plus n’a pas de bouche
et parle une autre langueil est encore une fois minuit
dans le battement des coeursles morts meurent une seconde fois
et tombent dans un trou de ténèbresils reviennent dans nos rêves
en remontant du puits du temps
par l’échelle double du tempsnous piétinons les horloges masquons les miroirs
derrière de grands écrans fiévreux
et marchons sur des silences suicidés
Amina Saïd
Le saviez-vous ?
Situé à côté de la mosquée de la Kasbah, les tombeaux Saâdiens sont un des seuls vestiges restant de la dynastie saâdienne qui régna sur l’age d’or de Marrakech entre 1524 à 1659. Au début du 18ème siècle, le sultan Moulay Ismaïl avait décidé de faire disparaître toutes traces de la magnificence de cette dynastie en demandant la destruction de tous les vestiges restant. Il n’osa toutefois pas commettre le sacrilège de détruire leurs sépultures et ordonna que l’on mure l’entrée de la nécropole. Le secret demeura bien gardé jusqu’en 1917, date de la redécouverte de l’emplacement des tombeaux saâdiens.
Bien que cette nécropole royale fut utilisés dès le début du 14ème siècle, sa splendeur remonte au 16ème siècle avec l’inhumation du prince Mohamed Cheikh en 1557. Son fils Ahmed El Mansour, également connu comme Ahmed « le doré », fit agrandir et embellir l’emplacement en y faisant construire le koubba « Lalla Mesouada » du nom de sa mère. Lalla Messaouda y fut inhumée en 1591 ainsi que les 3 successeurs du sultan.
Le mausolée le plus prestigieux est la salle des douze colonnes. Cette salle abrite la tombe du sultan fils Ahmed El Mansour. Les plafonds en cèdre et les stucs sont finement travaillés, les sépultures y sont en marbre de Carrare. Certaines tombes arborent une épitaphe poétique. Celle de la princesse Zorha est magnifique : « Voici la tombe de la noble dame, nouvelle lune, merveille des vertus. »
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